L’étanchéité d’une fenêtre : joint, grille, rejingot

Une bonne étanchéité d’une fenêtre est aussi primordiale que le choix du châssis et du vitrage. Depuis les années 90, avec le protocole de Kyoto, la France s’est engagée à réduire sa consommation énergétique et ses émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, la France s’est dotée de différentes réglementations thermiques de plus en plus contraignantes pour les constructeurs. De plus depuis la Réglementation Thermique de 2012, les bâtiments neufs sont soumis à des tests d’étanchéité lors des fins de chantiers.

Même si vous avez choisi une fenêtre de qualité avec un vitrage qualifié CERKAL et un châssis de qualité, il faudra faire attention à tous les joints, grille d’aération et autres éléments dont vous aurez besoin pour garantir une bonne étanchéité à l’ensemble. En effet, 40% des « fuites » de la déperdition d’air et de chaleur viennent des fenêtres et autres ouvertures.

Pour vous aider il existe un classement qui mesure l’étanchéité de la fenêtre à l’eau, l’air et le vent. C’est le classement AEV (Air, Eau, Vent). Plus votre fenêtre sera performante, et plus elle sera élevée dans le classement. Ce classement va mesurer le résistance de votre fenêtre à l’air, à l’eau et au vent. Ce classement est établi à la demande des fabricants. Les tests sont réalisés en laboratoires. Ce classement tient également compte de la région ou se trouve les fenêtres ainsi que l’exposition des fenêtres. Les performances minimales acceptables dépendent de votre localisation selon les régions, dépend aussi de la hauteur des menuiseries et l’environnement (rural ou urbain).

La perméabilité à l’air ou l’étanchéité d’un bâtiment correspond à la mesure des flux d’air incontrôlés dit parasités, ce sont tous les flux qui ne proviennent pas du système de ventilation.

joint d'étanchéité fenêtre

Exemple de joint d’étanchéité pour fenêtre

Étanchéité et joints de fenêtres

Les joints sont donc un élément très important d’une fenêtre, ils vont être garants d’une bonne isolation thermique ou acoustique. Une bonne étanchéité de votre logement vous apportera un environnement plus sain, mieux isolé, moins consommateur d’énergie. Plus les flux d’air dans une pièce seront maitrisés plus l’air de cette pièce sera sain. Plus l’étanchéité sera bonne plus les risques de déperdition de chaleur et les flux d’air incontrôlés seront moindres. Il existe différents types de joints dans différentes matières du plus économique au plus résistant. Les joints assurent une étanchéité parfaite entre le cadre de la fenêtre et les murs, ainsi qu’entre les vitrages et le cadre.

Tout d’abord les joints internes, ce sont les joints qui se trouvent directement dans la menuiserie. Le joint de frappe par exemple assure l’étanchéité lors de la fermeture du vantail de la fenêtre sur le dormant du châssis. Il existe également le joint balai ou brosse, joint qui assure une étanchéité bien sur tout en limitant les frottements.

Les joints d’étanchéité quant à eux se situent entre le châssis de la fenêtre qu’il soit en PVC, en Alu ou en Acier et les murs, la maçonnerie. Ces joints seront recouverts par un couvre joint ou battée qui permettra de cacher ce joint entre le mur et le cadre de la fenêtre. Dans le cas d’une fenêtre à joint central, le joint d’étanchéité est situé dans la feuillure centrale du dormant, il n’est donc pas ne contact avec le vent. Il permet l’étanchéité de la fenêtre à l’eau et l’air.

Joints de calfeutrage : Dernier type de joint existant, ce sont les joints de calfeutrage. Les joints de calfeutrage permettent d’améliorer l’isolation de la fenêtre pour se protéger du froid par exemple en hiver sans faire de gros travaux de maçonnerie ou devoir changer ses fenêtres. Les joints existent en différents matériaux : mastic, silicone, plastique, mousse, métal, caoutchouc. Le joint de calfeutrage le plus simple à poser et le plus économique est le joint en mousse. Il est vendu en rouleau et est adhésif, il faudra le poser sur les montants de la fenêtre préalablement nettoyer et sécher sans obstruer les aérations et les rainures d’évacuations. La contrepartie de ce joint en mousse est qu’il s’use rapidement il doit se changer tous les ans environ.

Les joints en plastique sont tout aussi faciles d’application que les joints en mousse et ils résistent un peu mieux dans le temps. Il faudra les changer environ tous les 5 ans. Les joints métalliques seront plus onéreux et plus difficiles à poser il faudra faire appel à un professionnel. Ils auront besoin d’être cloutés sur les montants de la fenêtre. Par contre ils seront beaucoup plus résistants.

Entre tous ces types de joints le meilleur compromis est le mastic ou silicone, il s’applique avec un pistolet à extrusion, le joint est souple et assure une parfaite étanchéité. Il est également très résistant. Il faudra par contre être très minutieux lors de la pose car un joint mal posé se verra. Historiquement, le mastic est un mélange d’argile pure (dit « blanc d’Espagne ») avec un peu d’huile de ricin et de césure. Le mastic a d’abord été utilisé pour maintenir les carreaux dans les feuillures du châssis. Ensuite il a été utilisé pour assurer l’étanchéité entre la vitre et le châssis. Aujourd’hui le mastic est de plus en plus composé de silicone.

Le choix du matériau pour un joint se fera en fonction du type de joint (interne, d’étanchéité ou de calfeutrage) ainsi qu’en fonction du châssis s’il est en PVC par exemple on préfèrera des joints en caoutchouc à clipser directement.

Étanchéité à l’air et ventilation

Paradoxalement une fenêtre doit être certes bien étanche et l’étanchéité de la fenêtre aura été renforcée par l’ensemble des types de joints que l’on a vu précédemment. Mais cette recherche de l’étanchéité parfaite ne signifie pas pour autant une absence totale de circulation d’air dans la pièce via la fenêtre. Si une fenêtre est « trop » étanche, il y a un risque de voir la pièce devenir humide, de voir de la condensation apparaitre sur les vitres et au final des moisissures sur les joints des châssis.

Il existe 2 systèmes pour permettre la bonne ventilation de la pièce : une VMC ou une grille d’aération.

Aujourd’hui les grilles d’aération sont obligatoires il en existe plusieurs types selon le type de châssis sur lequel on doit l’installer. C’est très règlementé en terme de dimension. Dans le châssis de la fenêtre il est prévu des grilles d’aération que vont assurer une bonne ventilation de la pièce et donc la qualité de l’air. Plusieurs types de grilles existent : la grille d’aération simple, la réglable, auto réglable et enfin hydro réglable. La grille d’aération simple est la plus courante. La grille d’aération réglable peut éventuellement se fermer totalement si besoin. La grille d’aération auto réglable elle se fermera et s’ouvrira selon la vitesse du vent. La dernière grille d’aération la grille hydro réglable, gèrera le débit d’air en fonction du taux d’humidité dans la pièce.

Attention ces grilles d’aération ne diminueront pas les performances de votre fenêtre notamment en terme d’isolation phonique. Toutes ces grilles doivent atténuer la nuance sonore extérieure c’est obligatoire et mesurable.

kit aération fenêtre

Étanchéité à l’eau et Rejingots

Une fois votre fenêtre étanche à l’air, au vent, il ne reste plus qu’ à la rendre étanche à l’eau. Les joints remplissent en partie ce rôle. Mais pour assurer une meilleure étanchéité à la fenêtre, l’idéal est d’avoir une fenêtre munie d’un rejingot.

Le rejingot est un élément de l’appui de la fenêtre. L’appui de la fenêtre est installé sur l’allège. L’allège pour rappel est le mur sur lequel va reposer le châssis de votre fenêtre. Le rejingot se situe don entre l’appui et le dormant du châssis. Le rejingot est un bord surélevé de l’appui. Il a pour fonction d’empêcher lors de pluies trop importantes que de l’eau ne remonte et ne s’infiltre sous la fenêtre. Grace à ce rejingot l‘eau de pluie sera rejetée à l’extérieur, ne s’infiltrera donc pas. Cela protégera la fenêtre. De plus ce rejingot est également un gage d’étanchéité pour la façade de la maison car grâce à lui l’eau sera évacuée sans ruisseler sur la façade de la maison. Cela protègera la structure même de la maison. Le rejingot a un rôle primordial car sans lui l’eau s’infiltrerait avec pour conséquence, l’apparition d’humidité dans les pièces, et donc l’apparition de moisissures, un air plus humide donc mauvais pour la santé, et enfin cela rendrait la structure même de la maison plus fragile.

Le rejingot est obligatoire pour toute fenêtre, baie vitrée… il fait partie des règlementations thermiques notamment celle de 2012 (RT2012). Il est effectivement à prévoir lors de la construction d’une maison neuve, mais il sera aussi à intégrer lors de la rénovation d’un bâtiment ancien.

rejingot schéma