Une brève histoire de la fenêtre en acier

La popularité des fenêtres acier connait historiquement des fluctuations. Produit de luxe à ses débuts, tombé en désuétude à l’approche du 18ème siècle avant que le révolution industrielle n’en fasse à nouveau une référence, une nouvelle fois dépassée par l’arrivée de l’aluminium et du PVC… Jusqu’à aujourd’hui où la fenêtre acier constitue probablement le matériau du futur architectural.

Les débuts de la fenêtre en métal

Au départ, les fenêtres en métal étaient l’apanage des plus fortunés. C’est alors le fer forgé qui est prisé des familles aisées et du clergé pour les églises. La fenêtre en fer forgé était alors une œuvre d’art à part entière. Fort pratique, elle offrait un minimum d’étanchéité pour conserver la chaleur et maximiser l’entrée de lumière. Certes, des performances très éloignées de celles de nos fenêtres modernes mais déjà un progrès sensible.

Le prix élevé des vitrages et leur petite taille (contrainte technique de fabrication) explique l’élaboration de fenêtres composées de petits carreaux et d’un cadre très visible capable de maintenir l’ensemble de façon résistante. Cependant au fil des siècles, même les familles les plus cossues se tournèrent petit à petit vers le bois, plus pratique, plus isolant et plus esthétique.

fenêtre arc brisé acier d'église

La révolution du 18ème siècle

Le milieu du 18ème siècle voit poindre un renouveau des fenêtres en fer forgé, par phénomène de mode. La révolution industrielle anglaise et la baisse du prix de fabrication de l’acier allait porter un coup de grâce au fer forgé en faveur de l’acier, plus solide, plus résistant et moins cher. Au départ, ce sont les grandes institutions qui se portent acquéreurs : hôpitaux, prisons, écoles, universités… Question de standing pour symboliser la puissance de l’Empire.

Une domination jusqu’à au lendemain de la seconde guerre mondiale.

L’acier tiendra le haut du pavé jusqu’à la seconde guerre mondiale. Dans les années 20 à 40, les fenêtres acier disposaient de plus de 100 profils différents. Cet essor est favorisé par l’invention de nouveaux procédés de protections contre les agressions atmosphériques.

La fenêtre acier est appréciée pour ses qualités actuelles : résistance, esthétisme, finesse. Déjà à l’époque, on parle d’un rapport de 7% de cadre métallique pour 93% de vitrage soit un gain de 20% par rapport à la fenêtre bois. Et argument massue : une durée de vie infinie sous réserve d’un minimum d’entretien régulier.

Une évolution radicale dans l’entre-deux guerre

Durant l’entre-deux guerres, le béton armé est grandement privilégié dans les nouvelles constructions. Il permet de réaliser une ossature supportant les poutres et les dalles du plancher. Conséquence : la façade n’est plus porteuse.

Le métal devient le matériau de référence en matière d’innovation. Des nouveaux systèmes de fermeture apparaissent : coulissant, à guillotine, pivotant. La fenêtre verticale traditionnelle disparait des nouvelles constructions.

L’après-guerre : le déclin de l’acier, la montée en force de l’aluminium

Bien que la production d’aluminium date du 19ème siècle, il n’est guère employé avant la fin de la seconde guerre. Il est alors au coude à coude avec l’acier donc, mais aussi d’autres métaux tel que le bronze.

publicité pour un chassis bronze pour fenêtre

L’analyse de 150 publicités de presse de l’époque 45-70 montre que l’alu prenait inexorablement et largement le dessus. L’acier représente alors 25% des encarts de publicité en Belgique. Le processus de métallisation gagne en popularité. L’acier devient plus durable qu’avec une simple peinture. La norme belge NBN755 définissait en 1968 une couverture minimum de 255 gr/m2 de zinc pour garantir un acier anti-corrosion durable.

En marge, de la métallisation, deux anciennes méthodes étaient utilisées également :
– parkerisation / phosphatation : où l’on trempe l’acier dans un bain chaud de fer et de manganèse phosphaté.
– electro-galvanisation : avec un bain chaud de métal parcouru par un courant électrique pour faire adhérer le zinc à l’acier.