Tout savoir sur l’isolation phonique des fenêtres

Dans un environnement urbain, le bruit ambiant – automobile, train, couloir aérien, proximité d’un stade, voisinage… – peut devenir source de stress et de fatigue. La pose de fenêtres et de vitrages adaptés à cette problématique peut donc être envisagée, sans toutefois réduire ses performances thermiques.

Comment choisir une fenêtre qui isole bien du bruit extérieur ?

Pour choisir une fenêtre insonorisante, il faut dès le départ choisir le niveau d’affaiblissement acoustique adapté à votre environnement. Cet indice d’insonorisation s’exprime en décibel dans le classement ACOTHERM. Ce classement définit 4 niveaux d’isolation en partant de 28 dB qui est adapté à des ambiances calmes jusqu’à 40 dB pour des ambiances très bruyantes.

Pour qu’une fenêtre offre un bon niveau d’isolation sonore, il faut ensuite que sa pose soit réalisée avec soin et colmate bien l’étanchéité entre le mur et le dormant sinon l’achat d’une fenêtre adaptée se révélera inutile.

La conception de la fenêtre doit également prendre en compte les grilles de ventilation indispensables au renouvellement de l’air de votre domicile. Leur choix est très important car il conditionne grandement le degré d’insonorisation.

La performance acoustique de votre fenêtre peut aussi être affectée par une serrure dont le barillet traverse de l’intérieur vers l’extérieur. Un volet roulant intégré peut aussi constituer un point d’entrée des ondes sonores s’il n’est pas adapté à la fenêtre sélectionnée.

Enfin, le choix des vitrages est primordial. Leur isolation phonique repose sur divers facteurs :
– l’épaisseur des plaques de verre,
– la différence d’épaisseur entre le verre extérieur et le verre intérieur (on parle de vitrages dissymétriques)
– l’épaisseur de l’intercalaire du vitrage isolant

bruit de voie ferrée

Comment mesure t’on la performance acoustique d’une fenêtre ?

La performance acoustique d’une fenêtre est mesurée lors d’essais en laboratoire. On mesure alors l’affaiblissement acoustique exprimé en Rw auquel on applique un coefficient correctif spécial selon le type de bruit : isolation des bruits liés au trafic routier (indice Ra,tr) et contre les bruits aériens (Ra). Plus le Rw, exprimé en décibel, est élevé, plus l’isolation phonique de la fenêtre est performante.

Ces mesures permettent d’élaborer une classification selon les performances des fenêtres. La certification CEKAL – la plus courante – classe la capacité d’un vitrage à réduire le bruit durant 10 ans. Plus la classe est élevée, plus l’isolation est efficace. Les vitrages sont ainsi estampillés AR1 (isolation courante), AR2, AR3, AR4 et AR5 et AR6 (isolation renforcée) :

La mention « AR » évalue les 6 catégories :
– la classe AR 1 garantit une réduction de 25 à 28 dB
– la classe AR 3 garantit la réduction de 31 à 32 dB
– la classe AR 6 garantit la réduction de 37 dB etc.

Comment bien utiliser cette classification sonore ?

Il convient de choisir la classe la plus adaptée à votre situation.

Dans un environnement très calme, comme par exemple à la campagne, un vitrage de classe AR1 par exemple de type 4/6/4 est suffisant. Dans une rue à faible passage de véhicule, un vitrage de classe AR2 fera l’affaire.

Dans une rue passante avec circulation automobile dense, un vitrage de classe AR3 est envisageable. Enfin si votre maison est située à proximité d’une voie de chemin de fer, d’une autoroute ou d’un aéroport, un vitrage de classe AR6 pourrait être indispensable.

L’importance du vitrage dans l’isolation acoustique

Il existe une typologie pour désigner la structure des vitrages de fenêtres. Ainsi, un vitrage isolant de composition 12–12–4 désigne une épaisseur du verre extérieur de 12 mm, donc forte, puis celle de l’intercalaire et enfin celle du verre intérieur, plus faible dans cet exemple.

Cette configuration d’épaisseurs (épais-épais-faible) a longtemps été utilisée pour procurer une bonne performance acoustique. Aujourd’hui, on considère qu’elle impacte trop négativement la performance thermique du vitrage.

Dans une telle configuration, un affaiblissement acoustique de 3 dB supplémentaires qui réduit de 50% la perception du bruit transmis (car l’échelle du bruit est exponentielle) fait perdre plus de 20% de son isolation à la fenêtre. La recherche d’économies d’énergies en ces temps de réchauffement climatique a rendu cette solution obsolète.

Aujourd’hui, les vitrages à isolation phonique peuvent être fabriqués avec un intercalaire de 16 mm et des verres plus épais que 4 mm. Plus épaisses, les fenêtres sont donc plus lourdes et nécessitent des aménagements spécifiques.

Une innovation pour réconcilier les deux mondes : le verre feuilleté avec PVB Silence

Il est toutefois possible de remplacer de grosses épaisseurs de verres par des verres feuilletés qui intègrent un film en PVB (polybutyral de vinyle)). Ce film PVB permet de renforcer le niveau d’isolation phonique tout en minimisant les épaisseurs de vitrage et donc le poids de verre mais également d’obtenir un verre feuilleté de sécurité contre les tentatives d’intrusion.

Le verre feuilleté ou verre laminé (de son nom technique) est constitué d’au moins deux feuilles de verre reliées par des films intercalaires en plastique. De par sa composition spécifique, le PVB offre généralement un affaiblissement phonique supplémentaire de 3 dB, soit une diminution de 50% de la perception du bruit pour les habitants.

Le vitrage feuilleté avec PVB silence est donc la solution à préférer aujourd’hui pour constituer votre fenêtre et vous protéger du bruit.

Note : pour information, il existe également un verre feuilleté à gel intumescent qui a la propriété de s’épaissir lorsqu’il est en contact avec une forte chaleur causée par un incendie. Cette aptitude permet d’augmenter l’isolation thermique du vitrage, tout en bloquant les rayonnements de chaleur. La technologie du verre feuilleté est donc pleine de surprises.