La menuiserie de qualité a encore de beaux jours devant-elle mais un nouveau mode de fabrication de vos portes et fenêtres pourrait bien venir changer la donne de façon radicale : l’impression 3D. Ce qui ressemble à de la science-fiction est pourtant déjà une réalité pour de nombreuses industries aussi variées que l’aéronautique ou l’automobile et pas que pour des prototypes mais bien des équipements de série.

En Suède, des fenêtres sont imprimées en 3D

Le menuisier industriel NorDan AB fabrique depuis des années des fenêtres et des portes. Il a toutefois fait un investissement de rupture en s’équipant d’une imprimante 3D géante capable d’imprimer portes et fenêtres d’une hauteur maximale de 2,5 mètres. Le fabricant de cette imprimante géante est l’entreprise BLB Industries. Le modèle élaboré pour Nordan mesure pas moins que 4 mètres de long pour environ 2,5 mètres de large et de hauteur.

Imprimante Nordan

Cette imprimante hors-normes fonctionne avec des matériaux granulaires polymères ou biocomposites. Elle repose sur une technologie appelée Fused Granular Fabrication (FGF), qui fonctionne par dépôts successifs de matière fondue.

Bientôt des fenêtres en acier imprimé en 3D ?

Mais d’autres matériaux sont aussi dans la ligne de mire des fabricants d’imprimantes 3D. A commencer par divers métaux tel que l’aluminium ou l’acier. L’acier est un matériau composé à la fois de fer et de carbone dans des proportions variables. Pour l’imprimer en 3D, la machine va pulvériser de fines couches de métal avant de les durcir par fusion sous l’effet d’un laser, une technologie breveté dans les années 1990.

Avantage : il devient possible de réaliser des pièces sans passer de l’usinage ou un métallier tout en obtenant des pièces d’une précision millimétrique et d’une solidité extrême. Le procédé est du reste bien réel puisqu’il est utilisé dans le secteur aéronautique, pour réparer des pièces détachées complexes et chères plutôt que de les remplacer.

Toutefois le prix élevé de ce type d’imprimante reste pour l’heure inabordable. L’imprimante 3D acier la moins cher du marché est disponible pour environ 100.000 euros et ne permet que de produire de petites pièces de l’ordre de 20 cm de long.

L’innovation de l’impression 3D est en route

Le marché évolue cependant à toute vitesse. HP vient de proposer un nouveau modèle d’imprimante 3D acier, la Metal Jet Printer, de la taille d’une grosse machine à laver et capable de produire des pièces métalliques prêtes à l’emploi. L’objectif est clairement la production en masse, un changement de paradigme totale et révolutionnaire.

L’imprimante Metal Jet étale des couches de poudre métallique, puis les pulvérise avec un liant pour les solidifier selon un procédé semblable à l’impression 3D couche par couche connu des amateurs.

Le marché est colossal. Il y a bien sûr les applications dentaires, la bijouterie (titane et or peuvent aussi être imprimé en 3D) et pourquoi pas demain la fabrication de crémones, de poignées ou même de certaines pièces d’une fenêtre en acier.